2ème article de Lucien MONJARET paru dans "VIVRE A LANGUEUX en septembre 1985

ORIGINE DU NOM DE LANGUEUX (précisions complémentaires)

A la suite de l’article paru dans le précédent « VIVRE A LANGUEUX », sur l’origine du nom de notre commune, nous avons reçu de M. Maurice VITEL, 31, rue du Valais à SAINT-BRIEUC, dont la famille est originaire de TREGUEUX, les éléments suivants provenant de notes manuscrites, consignées au fil de ses recherches, par sa mère, passionnée d’histoire locale. Nous les reproduisons in-extenso :

« De 440 à 650 environ, les bretons d’Outre-Manche sont venus s’établir en Armorique. Beaucoup étaient déjà chrétiens. Ce sont eux qui ont constitué la trame des paroisses primitives. Celles-ci ont un nom qui commence par « PLOU », paroisse, ou « LANN » (église, terre consacrée) ou encore par « Tré, Trève ». A la suite de ce préfixe, on trouve le nom, parfois modifié du saint fondateur ou du premier recteur de la paroisse.

A partir de 440, de nombreux colons, venus de Grande-Bretagne, débarquèrent en Armorique, par bandes successives. Chaque bande était sous les ordres d’un chef d’émigration qui était le chef du « PLOU » s’il s’agissait d’une colonie civile, ou le chef du « LANN » s’il s’agissait d’une colonie religieuse. Ainsi, à la même époque que saint BRIEUC, un chef de « PLOU », nommé FRACAN ou FRAGAN, accompagné de ses deux fils, vint aborder en Armorique. Parmi ses enfants, on cite GUENOLE, fondateur de la célèbre abbaye de LANDEVENNEC dans le Finistère, puis GUETHENOC, qu’on appelle aussi GUEHENNEUC. Ce dernier aurait donné son nom à LANGUEUX qui s’appelait au XIII ème siècle « LANN-GUETHENOC » et à TREGUEUX qui s’appelait à la même époque « TREF-GUETHENOC » (tref, tré, trève, était un territoire religieux). »


Ces notes ont été extraites par Mme VITEL de l’histoire de SAINT BRIEUC de J.B. ILLIO.

Nous remercions M. Maurice VITEL de nous avoir communiqué des renseignements qui confirment les hypothèses émises par G. BECHARD, le révérend père CHARDRONNET et l’abbé Job MARTIN, dont il a été question dans le précédent bulletin : « LANN », qui d’après ces hypothèses, signifierait sanctuaire, monastère ou ermitage, est un lieu de prière et a bien un caractère religieux). Quant au nom du fondateur, s’il y a des différences sur l’orthographe du nom, elles proviennent, à n’en pas douter, de la prononciation de celui-ci qui a pu varier au cours des siècles.

En ce qui concerne FRAGAN ou FRACAN, il nous faut préciser que, suivant M. FROTIER DE LA MESSELIERE, cité par J.B. ILLIO, il était accompagné de sa femme, de ses deux fils, et de nombreux serviteurs, et aurait fondé PLOUFRAGAN en 418. Si l’on en croit M. DE LA MESSELIERE, les Bretons d’Outre-Manche seraient donc arrivés en Armorique en 440.

Or, d’après Octave Louis AUBERT, écrivain breton bien connu, FRACAN ou FRAGAN aurait abordé vers l’an 460, sur le rivage de LANGUEUX, à l’embouchure d’un ruisseau « le Rusé Bréhat », situé tout près de « Coquinet ». Il était accompagné de sa femme qui s’appelait Gwen (blanche), de ses deux fils, Weithnoc et Jacut, et d’une suite peu nombreuse. Guénolé et Guethenoc n’étaient pas encore nés au moment où il aborda à LANGUEUX.

On voit combien il est difficile de situer avec précision la date de l’arrivée, en Armorique, des premiers immigrants bretons, mais, tel n’est pas, non plus, notre objectif. Nous serons cependant amenés à parler de ceux-ci lorsque nous aborderons le chapitre qui sera consacré à l’origine de la population langueusienne.

LANGUEUX, qui s’appelait LANN-GUETHENOC au XIIIème siècle, était devenu LAN GUYEC en 1367. Son nom est écrit LANGUIEUC en 1427. Au 17ème siècle, on trouve les graphies LANGUEUC, de LANGUYEUC et de LANGUIEUX. Le nom actuel a été retenu en 1790 et fixé officiellement par arrêté du 27 octobre 1801. Mais on continuera à l’orthographier LANGUIEUX pendant plus de 10 ans encore, puisque ce n’est qu’en 1812 qu’on trouve ce nom correctement écrit dans les registres d’état civil de la commune, et il n’y a pas des années que ce nom est correctement prononcé par les Langueusiens de souche.

(à suivre)

Lucien MONJARET