Sommation à Michel HELLO et Jeanne RENAULT,
marchands de cidre à Yffiniac
L’an mille sept cent cinquante et trois le huitième
octobre environ les neuf heures du matin nous
soussignés notaires de la juridiction & Baronnie
d’Yffiniac le petit crenole & annexes certifions
à tous qu’il appartiendra nous être exprès transportés de
nos études et demeures que nous faisons séparément tant en la
ville de St Brieuc quen celle d’Yffiniac sur le réquisitoire et en
Compagnie d’honorable homme françois Berto demeurant
Au perray paroisse de tregueux afin de faire sommation
à
michel Hello et
janne Renault sa femme débitants
cildre audit Yffiniac de vuider la maison quils y occupent
de corps et de biens dans le jour afin que le dit Berto
sa femme et famille s’y puissent loger et y placer
leurs meubles suivant le marché fait entre eux des
les environs du jour de la madelaine dernière en
présence de gens leur protestant des à présent ledit Berto
en cas d’insistance de leur part de se pourvoir incessamment
et autrement ainsy quil appartiendra et nous étant rendus
en la demeure dudit Hello et femme nous les y avons trouvés
ainsy que jan Hello père et un couturier originaire de
Basse Bretagne très bossu dont nous navons pu savoir
le nom mais ayant déclarés audit Hello et femme le
sujet denotre commission ledit Hello a répondu quil avait
du cildre amoitié vide que si les employés l’en voulaient
décharger quil était pres de sortir, aquoi ladite Renaut sa
femme en traitant ledit Berto de bougre de chien a dit
estce que tu nenous avais pas donné un mois pour
deloger il y en a des témoins cequil a soutenu etre faux
et ne leur avoir donné que jusqu’au vendredy cinq
de ce mois et en meme tems ladite Renault en presence
des dits Hello pere et fils s’est saisie d’un gros ballet
de Boulla ( ?) et entre son mary et ollivrot l’un de nous l’a
jetté brusquement au nez dudit Berto requerant ; en
vain ledit michel Hello atil fait semblant de faire
son possible pour la calmer par la douceur, ayant
sorti dans le courtil derrièr(e) voulante prendre des pierres
il a été obligé de la jetter parterre et de lui donner
plusieurs soufflets et coups de pieds aquoy elle a
crié et recrié à la force qu’est ce qu’ils nous veulent
Hello étant revenu à nous sa femme le suivant encore
nous lui avons déclaré nous retirer et interpellé
de nous suivre dans une maison de sureté pour
nous voir rédiger notre procès verbal, et ayant enfin
sortis pécédés dudit Berto, laditte Renault
émue de colère a couru sur ledit Berto et après
luy avoir donné un coup de poing par derrière
elle la saisi aux cheveux et comme une enragée a
mesure que nous lui otions la prise recrochait et
s’est pensue à ses cheveux par les deux mains sinclinant
aterre afin de terrasser Berto. Hello son mary n’avait
pas plus d’autorité sur elle que les remontrances que
nous avons pu faire et a encore été obligé de la
souffleter et maltraiter au long du chemin contre
la longère du presbitaire en présence de gens qui
nous ont entendus nous memes crier force en conséquence
dequoi nous nous sommes retirés en la demeure
de Joubin l’un de nous où lesdits Hello père et fils
nous sont venus trouver et dire qu’ils allaient
mettre les meubles dehors quil n’était pas nécessaire
de rien écrire et se sont retirés sans avoir voulus
répéter leurs réponses disant seulement ledit michel
Hello que sa femme était folle et que les bateries de femme
n’étaient rien quil fallait laisser cela là et luy ayant
répondu qu’ils devaient le respect à la justice et aux
membres destinés pour la faire rendre, il s’est retiré
quoyque nous l’ayons interpellé de rester pour signer et
prendre sa copie et étant dans l’entrée il a menacé Berto
qu’il allait lui faire des affaires qu’il avait des témoins
comme il était allé vendredy dernier chez lui pour les
assasiner. De tout quoy le dit françois Berto nous
a requis de lui raporter acte ceque nous avons fait par
le présent avaloir et servir ce que de raison sauf a luy le
cas y echet à nous faire répéter sur le contenu en icelui
que nous affirmons dès à présent véritable et sous les
réservations expresses de se pourvoir incessamment tant
pour l’effet de la présente que pour la conservation du foin
qu’il a logé dans la saison dans le grenier de ladite maison
de sa paille et glez qu’il a dans le courtil et des choux qu’il
y a semés.Sous son seing et les notres au tablier dudit
Joubin l’un de nous ou nous sommes retirés.
attendu les circonstances le jour mois et an que devant
avec outre réservation de faire notifier la présente audit
Hello et femme afin d’enxepter ( ?) les frais et tout autrement
vers luy procéder ainsy que de raison , interligne a lui
vide approuvé, environ les dix à onze heures du matin et
à l’instant est entré ledit michel Hello auquel nous avons
donné lecture decequedessus en présence d’anne Suet femme
de jacques Le Roux avec interpellation de signer et prendre
sa copie après avoir pris ses réponses il a dit être venu
nous déclarer que la maison est vide et qu’il dépend de
Berto de s’y loger qu’il lui promit un mois
lorsqu’il recut le denier à Dieu et qu’ils convinrent ensemble
pour trente six livres pendant l’année qu’il ne peut faire
mieux aujourd’hui que d’avoir vuidé à l’exception
du cildre qu’il ne peut enlever sans le gater et risquer de le perdre
en ayant deux pièces en perce à quoi ledit Berto a répondu
que le cildre étant encore dans la maison il n’y peut entrer
puisque pour le débit il faudrait que Hello y demeura ce qui
pourrait encore occasionner quelque dispute qu’il est de la
prudence d’éviter sur quoi Hello s’est resaisi de la copie
afin de la communiquer à messieurs les Employés et
prendre d’eux un permis de transvaser et transporter la boisson
et nous a déclaré ne savoir signer de ce interpellé et ne le
vouloir faire faire quoique de ce interpellé.
pourquoi nous avons conclut la présente sous les seings
et réservations que dessus le même jour mois et an que
devant.
Signatures
François Berto
E. Joubin no(tai)re R(eçu) trois livres quatre sols de Me Ollivrot
Ollivrot notaire no(tai)re rap(porteur)
Controllé à St Brieuc le 18 8bre 1753
R(eçu) douze sols Con(tro)llé aux Exploits led
jour R(eçu) neuf sols ……
Signé Damar